Comment protéger les digues ?

Les dernières inondations importantes sur notre secteur remontent à 2006. À la suite de cet épisode, les services de l’État ont engagé des études de prévention du risque inondation. En 2012, les Départements de Meurthe-et-Moselle et des Vosges créent une entente interdépartementale : l’EPTB Meurthe Madon, afin de poursuivre les études.

En 2018, l’entente évolue en syndicat mixte, en vue d’engager les premiers travaux opérationnels. En 2020, un premier ouvrage est ainsi réalisé à Barbonville pour protéger un quartier de Damelevières.

En 2024, d’importants travaux démarrent pour protéger les habitants du bassin versant du Madon. Des ouvrages neufs sortent alors de terre : la zone de ralentissement dynamique de crue à Hymont, la digue et chenal de crue à Mirecourt en parallèle de travaux d’aménagements à Ceintrey/Voinémont ou de reméandrage du Madon à Lerrain. L’objectif est double : réduire l’impact des crues du Madon et diminuer, en amont, le débit de crue de la Moselle.

Parallèlement à la création de ces nouveaux ouvrages sur le Madon et à la poursuite des études sur la Meurthe, l’EPTB a réalisé un état des lieux complet des ouvrages existants, qu’ils soient publics ou privés.

Une étude de danger a notamment été engagée pour l’ouvrage de Maizières. Environ deux kilomètres de digues et d’ouvrages ont été recensés à Rosières-aux-Salines ainsi qu’à Lunéville.

En 2024, les digues domaniales appartenant à l’État — jusqu’alors gérées et entretenues par Voies navigables de France — ont été transférées à l’EPTB (soir près de 15 kilomètres d’ouvrages). Une étude spécifique a été menée sur le secteur du Toulois afin d’identifier précisément le rôle des nombreux ouvrages présents. Les études de danger concernant les digues domaniales de Pierre-la-Treiche et Bertrichamps sont actuellement en cours.

Il convient toutefois de rappeler qu’aucun ouvrage n’offre une protection absolue. Chaque digue est dimensionnée pour résister à un aléa défini. Même correctement entretenue, elle peut céder face à une crue d’intensité supérieure à celle prévue lors de sa conception. C’est pourquoi la construction et l’entretien des ouvrages doivent impérativement s’accompagner de dispositifs de surveillance, d’alerte et de gestion de crise.

La prévention passe également par une vigilance accrue en matière d’urbanisme : éviter toute construction en zone inondable, préserver et restaurer les zones humides qui jouent un rôle d’« éponge » naturel, et développer la culture du risque auprès de la population.

Pour remplir ces missions, l’EPTB peut s’appuyer sur ces nombreux partenaires. Il :

  • assure une veille quotidienne des prévisions de Météo-France et du dispositif Vigicrues ;
  • accompagne les maires dans l’élaboration de leur Plan communal de sauvegarde et l’organisation d’exercices de crise ;
  • élabore, avec les communes et intercommunalités, des protocoles adaptés pour répondre efficacement au risque propre à chaque territoire.

Enfin, l’entretien de ces ouvrages, souvent centenaires, représente un coût très important. Il repose désormais sur les entités exerçant la compétence GEMAPI. Un bras de fer est engagé avec l’État afin qu’il contribue à ce financement. Les représentants de l’EPTB, impliqués au sein des conseils d’administration de France Digues et de l’Association nationale des élus de bassin (ANEB), portent activement cette demande au niveau national.